Vu!

Notre train-train quotidien nous fait traverser les journées à vives allures sans ne jamais plus s’étonner de rien. On sait, on a déjà vu, on ne regarde plus _ pire, on ne s’émerveille plus.

Nous ne savons plus REGARDER les choses simplement. Pour ce qu’elles sont. Là. Maintenant. Nous fonctionnons en pilotage automatique, dans un état d’esprit déconnecté du présent et prisonnier d’habitudes prises de longues date.

 

QUAND CA DÉBORDE !

Une histoire bouddhiste raconte qu’un professeur occidental suite à un long voyage solitaire dans les montagnes est arrivé chez le maître bouddhiste,  et à peine être entré, s’est mi à parler, à raconter son voyage, sa vie, et à bombarder le maître bouddhiste de questions. Le maître l’écoutait en silence, tout en lui préparant une tasse de thé. Le professeur ne cessait de parler et de poser ces nombreuses questions sans répit. Le maître bouddhiste versa  la tasse de thé et continua, alors que la tasse était pleine jusqu’à finalement déborder. Le professeur s’exclama : « Arrêtez ! Ne voyez-vous pas que cela déborde ? ». Le maître répondit alors : «  C’est exactement votre situation, votre tête est tellement remplie de pensées et de questions qu’il n’y a plus de place pour mes réponses. Sortez, faites le vide dans votre esprit et quand ce sera fait, revenez me voir. »

 

Cette histoire est le parfait reflet de notre condition actuelle _ nous débordons. Nos têtes sont remplies de pensées, de réflexions, d’informations _ résultat: nous ne savons plus regarder sans préjugés, sans étiqueter aussitôt ce que nous voyons. Nous voyons le monde à travers le filtre de nos expériences et n’appréhendons plus le monde avec cette sensation magique, de la première fois.

Et si nous retirions nos lunettes aux verres teintés pour retrouver ce regard novice sur notre quotidien ?

C’est ce que l’on appelle, la pleine conscience. C’est une technique consistant à prêter délibérément attention à l’instant présent et à prendre conscience de la nature des choses avec bienveillance et sans jugement. C’est une manière d’être, de vivre ses expériences internes et externes et de se tourner vers ses sens, au propre comme au figuré.Mais c’est aussi une redécouverte de sa capacité naturelle et innée à sentir sa vie, à entrer directement en contact avec les choses sans subir la loi des filtres que sont les concepts, expériences passées, goûts et aversions.

  

L’ESPRIT DU DÉBUTANT

L’esprit du débutant est un terme bouddhiste qui signifie que, comme un débutant, nous n’avons pas d’attentes, pas d’idées préconçues. Tout est possible. Nous pouvons faire n’importe quel choix, sans être freiné ou ralentit par des pensées, résultats d’expériences passées ou encore critiques qui se seraient infiltrées dans nos têtes.

C’est la manière dont agissent les enfants, en recevant chaque nouveauté comme elle vient, pour ce qu’elle est, sans vouloir à tout prix l’interpréter. Ils sont alors toujours ouvert et disponible pour la nouveauté et en apprentissage constant. Plus nous vieillissons et plus nous cumulons les filtres de nos expériences vécues _ et plus notre tête se remplis, dirigée par cette petite voix intérieure qui commente notre vie à la manière d’une voix OFF au cinéma.

 

MÉDITER, CA SERT À QUOI ?!

La méditation est une des manières de retrouver cette instantanéité et se débarrasser de nos idées, faire à nouveau de la place pour la nouveauté. Les pensées resurgiront toujours, mais avec la pratique, vous les regarderez passer, sans embarquer dans leur ritournelles. On ne va pas se le cacher, cela demande beaucoup d’entrainement. Car elles sont perspicaces et donnent leur meilleures pour vous entraîner avec elles dans les bas fonds ! Mais l’effort en vaut la peine! Se reconnecter à la réalité procure un sentiment d’apaisement sans pareil.

Les chercheurs ont étudié le cerveau de maître zen et de personnes ordinaires méditant dans une pièce où se trouvait une pendule qui faisait tic-tac. Vous serez porté à penser que les maîtres zen sont ceux qui n’entendaient plus le rythme du balancier parce que plongé dans leur méditation. FAUX. Méditer, ce n’est pas se perdre dans un sommeil latent et quitter la réalité _ c’est même tout le contraire. Les résultats de cette étude ont montré que c’étaient les gens ordinaires qui avaient cessé d’entendre le tic-tac quand les maîtres bouddhistes, eux, sont restés attentifs aux bruits tout le long. Leur cerveau enregistrait tous les sons. Parce que ce sont des experts de l’esprit du débutant : les études montrent que leur monde intérieur est une réplique exacte du monde extérieur, ils sont totalement au fait de la réalité. C’est ça, la vraie plénitude. Accepter ce qui est sans chercher à le changer. Voir ce qui nous entoure, sans y apposer une étiquette.

 

PRENEZ UN BAIN DE FORET

Appelé « Shinrin-Yoky » en japonais. Se promener, marcher permet à notre esprit de se déconnecter et peut même parfois nous amener à un moment de flow. Vous savez, ce moment où, pendant une fraction de seconde le vide se fait, sans ego conscient, sans cette petite voix intérieure. Ce moment s’échappe aussitôt que vous l’aurez perçue mais que c’était bon. C’est aussi çà, méditer. Le philosophe Jean-Jacques Rousseau explique dans ses Rêveries du promeneur solitaire que marcher nous ramène à l’absolue simplicité de l’existence. C’est un état d’esprit qui nous fait mieux apprécier la vie. Et nous rendrait plus sociable selon le philosophe Jan Flameling «si vous passez régulièrement une demi-heure à ne rien faire d’autre que respirer, vous faite de la place pour les autres ».

Plus sociable, et plus créatif aussi ! Dans un esprit libre, les idées fusent, rebondissent et laissent place à toutes les possibilités. Les plus grandes inventions ont prie naissance en pleines rêveries.

 

L’INÉDIT LAISSE DE MERVEILLEUX SOUVENIRS

Les participants a une étude à qui ont a demandé de se remémorer leur passé, ont associés leurs souvenirs les plus nets à des premières fois : premier jour d’école, premier baiser, premier spectacle de danse… assurons-nous de rechercher ces premières fois dans nos vies de tous les jours. Cela peut-être un nouveau restaurant, une nouvelle rencontre, une nouvelle activité ou tout simplement en empruntant un nouveau chemin pour se rendre au travail.

Il est important de créer des souvenirs car ils ralentissent le temps. L’esprit du débutant est non seulement plus joyeux, plus libre et apaisé mais il allonge la perception du temps. Est-ce que ce n’est pas finalement ce après quoi tout le monde court ?

 

QUELQUES PISTES POUR RETROUVER UNE TOUCHE D’ÉMERVEILLEMENT :

  1. Faire une seule chose à la fois

Terminé la tendance super woman de pouvoir faire 36 choses à la fois, ce n’est plus valorisant, c’est même devenu exaspérant. Stop. On ré-apprend, tout. À commencer par enfiler son manteau, une manche après l’autre, puis remonter le zip et être attentif à sa musique. Et on s’accorde le temps d’observer ce petit mécanisme fabuleux qui permet aux dents opposées de la glissière de s’unir parfaitement une fois le petit rivet passé. Avez-vous déjà pensé à la personne qui a imaginé ça ?! C’est comme même dingue quand on prend le temps d’y penser… (pour votre info, on doit cette création à Mr Gideon Sundback). Vous avez inventé quoi, vous, qui soit aussi utile et présent dans la vie de chacun?!

  1. Dire « je ne sais pas »

Et encourager la personne à vous raconter tout sur ce sujet inconnu. Ce n’est pas une marque de faiblesse, encore moins d’ignorance _ et ce quelque soit le sujet. C’est faire preuve d’authenticité que d’oser admettre que l’on ne sait pas. Et ça fait du bien, à soi. Et ça valorise, l’autre. Gagnant-gagnant.

  1. S’étendre

Chez vous, dans votre salon. Dehors, dans l’herbe. Sur un banc pour regarder les nuages et chercher des paréidolies (illusion d’optique) ou encore, suivre les traces blanches des avions dans le ciel.

Ça fait combien de temps que çà ne vous est pas arrivé ? Se placer dans une position physique différente peut réorienter l’esprit et nous offre la possibilité de voir les choses sous un autre angle _ un vrai moment de détente.

 

 

CE QUI COMPTE VRAIMENT

La probabilité que tout soit parfait dans la vie est nulle! Qu’on se le dise une fois pour toute. La vraie question c’est : de quoi voulez-vous vous souvenir à la fin de votre vie ? De ce que votre copine Solange vous a rapporté qu’Alice avait dit sur vous ? De vos kilos superflus ? De cet entretien qui ne s’est pas passé comme vous l’auriez aimé ? Lâchez prise, c’est du gâchis ! Et si vous en doutez encore, allez lire le livre de Bronnie Ware, cette infirmière australienne au service des soins palliatifs qui a demandé à ses patients ce qu’ils regrettaient ou auraient fait différemment avec du recul. Beaucoup étaient désolées de s’être empoisonnés la vie avec des pensées toxiques _ du temps qu’ils n’avaient pas consacrés à faire les choses qui les auraient rendus heureux. Les cinq regrets des personnes en fin de vie, Bronnie Ware, aux éditions Guy Trédaniel.

 

ÊTRE HEUREUX AUJOURD’HUI

Demain, ce sera mieux. Peut-être. Peut-être pas. Alors si on s’occupait déjà d’aujourd’hui. Arrêtons de gâcher le jour présent dans l’attente d’un hypothétique  bonheur à venir. Selon Jacques Salomé, « être heureux ne dépend pas seulement de l’irruption d’un événement gratifiant ou bienveillant dans notre vie mais surtout de notre capacité à accueillir les petites choses du quotidien sans les parasiter par des pensées toxiques » (encore et toujours ces foutus pensées !). Des choses à vous dire, de Jacques Salomé, Les éditions de l’homme.

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© Aniramarina

 

DES MOTS & DES IMAGES

Inès Santiago a commencé un blog qu’elle alimente de jolies photos représentant un mot  de portugais, langue qu’elle apprend. Au gré de son apprentissage, on retrouve avec elle, les jolies choses du quotidien. Une jolie manière de facilité l’apprentissage d’une nouvelle langue par le biais des images. A Dutch word a day.

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© Ines Santiago

 

RÉÉVALUEZ VOS ATTENTES

« Que de choses surviennent sans être attendues, que de choses attendues ne se produisent jamais. »  a écrit le philosophe latin, Sénèque. Son conseil : ajuster vos espérances en fonction des dures réalités de la vie. Vous pouvez râler contre la pluie, pester contre votre collègue lèche-cul, ruminer une remarque désobligeante de votre copine _ c’est uniquement à vous que vous faites du mal. Le ressentiment, c’est avaler du poison en espérant que ce soit l’autre qui en meurt. Souvenez-vous les choses peuvent parfois mal tourner et prendre une tournure positive l’instant d’après.

Malene Rydahl nous explique que les danois, connu pour être les habitants du pays le plus heureux du monde,  aiment les choses simples de la vie et ont peu d’ambitions matérialistes, pas de rêves de grandeur. Ils ont des attentes réalistes vis-à-vis de la vie, certains diront même, modérées. Quel rapport avec le bonheur ? Simple : comme les danois ne s’attendent pas être les meilleurs, ni à gagner ou à  briller devant les autres, ils sont plus satisfaits de ce qui est. Si par chance, ils doivent gagner quelque chose, le bonheur est alors multiplié par mille. Heureux comme un danois, de Malene Rydahl (prix du livre optimiste de 2014), aux éditions J’ai lu.

 

Et pour vous donner le goût de vous y mettre, découvrez le film Le goût des merveilles de Eric Besnard, simplement bon.

 

 

 

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