À 3, on plonge!

Tout est changement, non pour ne plus être mais pour devenir ce qui n’est pas encore.

Épictète

 

Petit ou grand, voulu ou subit, ce qui suit un changement, n’est plus tout à fait pareil. Ne pas reconnaitre son impact, c’est au mieux sous-estimé son incroyable pouvoir et dans le pire des cas, le subir et en souffrir incroyablement.

Parce qu’il existe différents types de changement et que l’on est plus ou moins impacté par celui-ci, apprendre à le reconnaitre c’est apprendre à savoir vivre avec celui-ci. Et c’est déjà beaucoup.

Avec l’école de Palo Alto on apprend que tous les éléments du système sont interreliés et sont nécessairement affectés par un changement et donc y participent plus ou moins activement.

Kesako ?!

Commençons par le commencement.

Le changement est un phénomène naturel, il est inévitable et se produit spontanément, involontairement ou encore intuitivement.

Changer, c’est quitter une façon de faire, d’être, de penser ; ce qui entrainera parfois, la résistance.

On distingue deux types de changement : le changement de niveau 1 qui est léger, organisé par soi et ne remet pas en question le fonctionnement établit, nos habitudes. On dit que ce changement permet de rétablir l’équilibre sans remettre en question le système, il s’agit ni plus ni moins d’un changement de surface. C’est faire PLUS de la même chose. Il n’y a a pas d’évolution. On prend les  mêmes et on recommence !

Quelques exemples :

  • Apprendre un départ dans l’équipe et le remplacer : accueillir, et former cette nouvelle personne avec les mêmes process qu’à l’habitude.
  • Vouloir perdre 5 kilos, s’inscrire à la salle de sport pour y aller après le travail le soir et continuer à mettre du ketchup à chacun de ses repas.
  • Faire un gâteau et remplacer le sucre par du miel. Peu de prise de risque ici vous en conviendrez !

 

Ainsi, plusieurs éléments à l’intérieur d’un système peuvent changer sans que le système lui-même ne change. Ce type de changement révèle et active le fameux principe d’homéostasie. L’homéostasie est ce qui permet à un système de préserver son équilibre grâce à la mise en action d’effets auto-correcteurs sur les éléments internes ou externes susceptibles de le déstabiliser.

Je vous ai perdu ?

Ok, on y va avec l’exemple du gâteau de tout à l’heure. Remplacer le sucre par du miel représente un changement de niveau 1. En faisant cela, je m’assure de conserver l’équilibre de mon gâteau, c’est à dire son rôle de dessert, son goût, sa texture. Ce changement mineur n’aura pratiquement aucun impact sur le résultat final, plus encore si je ne mentionne pas à mes invités que je n’ai pas suivi la recette à la lettre. En agissant ainsi j’ai donc conservé l’homéostasie de mon gâteau. En effet, l’objectif en ajoutant du miel dans ma recette est de permettre à mon gâteau d’avoir la même allure en sortant du four et d’être aussi bon. Remplacer le sucre par du sel n’aurait pas permis de conserver l’homéostasie de ce dernier. Vous me suivez?

Pas beaucoup d’impact sur un gâteau mais un changement de niveau 1 n’est pas toujours la meilleure solution à adopter. En effet, en faisant plus de la même chose, on obtient le même résultat et le vrai problème arrive lorsque la solution adoptée est devenue le problème. En appliquant le changement de type 1, on tourne en rond et on se donne simplement l’illusion du changement. Le système continue à fonctionner « normalement ». Dans certaines situations, on peut parler du « syndrome de l’autruche » qui consiste à mettre la tête dans le sable pour éviter de voir et surtout d’engager les changements réellement nécessaires pour s’adapter vraiment, et pas seulement en apparence à la situation nouvelle.

Mon histoire de gâteau n’a plus rapport ici… laissez-moi vous proposer autre chose, prenons par exemple un enfant qui ne veut pas faire ses devoirs depuis 3 jours. Devant la nonchalance de l’enfant, le parent se fait de plus en plus sévère et menaçant : « si tu ne fais pas tes devoirs, tu seras puni ». Plus le parent adopte cette attitude, plus l’enfant se résigne et se braque. Le même comportement appelle la même réponse. Le parent durci l’effet de plus en plus et pense légitimement qu’il modifie son attitude puisque, de légèrement sévère au début, il est devenu autoritaire, mais en fait il ne fait que faire la même chose plus intensément. En retour, il a donc la même réponse, plus intense également. On peut dire ici que le problème réel est dans la solution adoptée. En effet, bien souvent, ce n’est pas le problème qui « pose problème » mais bien plus la ou les solutions envisagées pour le résoudre.

La folie c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.

Albert Einstein

 

 

Passons maintenant au changement de niveau 2

Permettre l’évolution avec le changement du système lui-même. Autrement dit, essayer de nouvelles façons  de faire ce que l’on faisait depuis toujours. C’est trouver une nouvelle solution.

Mais ce type changement demande beaucoup d’énergie et aura donc un impact puissant _ mieux vaut être prêt !

Lorsqu’un système est soumis à un changement, que celui-ci soit issu d’une pression externe ou d’une pression interne cela déclenche plus ou moins intensément des résistances au changement.

Quelques exemples :

  • Vouloir perdre 5 kilos, se réserver un soir dans la semaine pour y aller tranquillement et accompagner ses efforts d’une nouvelle façon de manger sainement et arrêter de grignoter. Résistance : demande une vraie volonté
  • Changer de boss, accueillir sa nouvelle vision et le voir changer la manière de faire. Résistance : ne pas vouloir changer la manière de travailler qui a  fait ses preuves  durant toutes ces années et rater l’opportunité de faire mieux.
  • Pas d’exemple pour le gâteau… (non mais sérieux, pas de drame si finalement votre gâteau se transforme en salade de fruits auprès de vos invités parce qu’en plus du sucre, vous n’aviez pas de œufs non plus ! Quoique vous auriez pu les remplacer par une banane… enfin bref, on s’éloigne du sujet)

Vous y êtes ?

On reprend.

 

Une résistance est fondamentalement une fonction homéostatique qui a pour but de maintenir le plus possible le système en l’état présent. On fait alors face à la question fatale : « à quoi vais-je devoir renoncer ?! ». C’est cela l’intention positive d’une résistance au changement. Elle a sa raison d’être et n’est pas négative en soi. Imaginer, si on ne résistait pas au vent lorsqu’il souffle fort, nous serions emporté comme une plume !

Ce qu’il faut comprendre ici, c’est qu’une résistance au changement peut être l’expression d’une prudence et d’un discernement parfois salutaire. Ces qualités permettent de prendre du recul par rapport au changement envisagé, de prendre le temps de la consultation plutôt que de foncer dans le mur ou de sauter dans le vide.

C’est parfois la peur de l’inconnu qui déclenche les résistances au changement. La fameuse expression : « on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne » montre bien que changer véritablement c’est aller vers l’inconnu, ou le moins connu et que cela suppose d’abandonner un peu ou beaucoup de l’équilibre sécurisant, parfois durement acquis, que nous vivions depuis quelque temps. Changer de travail, de pays, d’organisation, de style de vie c’est inévitablement devoir faire le deuil de la situation antérieure. Et le deuil est un processus qui ne se fait pas en un jour et qui est parfois douloureux avant d’aboutir pleinement à l’acceptation de la nouvelle situation.

Ce que l’on comprend ici, c’est qu’il est important de déceler l’intention positive qui nous anime lorsque que l’on est réfractaire à une nouvelle situation. Puis dans un second temps seulement, d’apprendre à composer avec ce changement, de trouver de nouveaux intérêts à suivre ce changement et de l’accepter enfin. Et dans cet ordre s’il-vous-plait.

Lorsque nous commençons  à mesurer que les avantages sont de toute évidence plus nombreux que les inconvénients, le changement commence à prendre sens pour nous, étonnamment, c’est a ce moment-là que nous acceptons de changer nous-mêmes et nous devenons à notre tour agent de changement, nous retrouvons confiance, énergie, motivation, voir sérénité.

S’opposer aux résistances ne fait généralement que les amplifier. Comme le dit le proverbe chinois : « Vouloir convaincre quelqu’un qu’il a tort, c’est comme ajouter du bois pour éteindre le feu ». Souvenez-vous, ce à quoi vous résistez persiste. La résistance alimente la résistance.

 

On retient quoi de ça ?

Tout simplement qu’il est important, primordiale de prendre le temps de se questionner : à quoi vais-je devoir renoncer ? Pourquoi je résiste à ce changement ?

Puis une fois avoir reconnu le blocage, l’avoir identifié et accepté, travaillé avec des outils tout simple pour se permettre de profiter du changement et se rendre compte ensuite combien il a été bénéfique, une fois la crainte et le doute apprivoisé.

 

Accompagner le changement en 3 étapes :

  1. Définir l’état présent : qu’est-ce que je ressens, pense, me dit face à cette nouvelle situation ?

→ Mon boss me demande de refaire mon travail pour répondre à sa nouvelle vision stratégique. Je proteste, je me ferme, je montre mon mécontentement et repars avec ma frustration.

  1. Créer les étapes de transformation : nouvel enchainement

→ J’écoute la demande de changement, je prends du recul pour me calmer, j’exprime en quoi ces changements sont compliqués pour moi (timing, ressource, incompréhension) puis j’avance mes arguments calmement.

  1. Tester : je décide de montrer le meilleur de moi-même et d’appliquer cette façon de faire plutôt que de me braquer et endurer les multiples changements à venir.

→ Je deviens acteur du changement et montre l’exemple tout en donnant confiance plutôt que de provoquer le conflit.

metaphore-du-changement

 

Et vous, vous êtes plutôt omelette ou poussin face au changement?

3 commentaires sur « À 3, on plonge! »

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