Donner du sens #brown-out

 

Les bâtisseurs de cathédrales

 

Un bourgeois de la ville de Strasbourg avait l’habitude de se lever de bon matin pour voir comment avançaient les travaux de la cathédrale. Chaque matin, il apercevait trois tailleurs de pierre. Le premier tailleur de pierre, assis sur un banc, travaillait mécaniquement, les yeux dans le vide, quand le bourgeois lui demande ce qu’il était en train de faire, l’autre lui répondit, l’air un peu ahuri : « Et bien, tu ne vois pas? Je taille une pierre pour nourrir ma famille. « 

Non loin de là, un second tailleur de pierre effectuait le même travail, avec les mêmes outils et la même technique, mais de façon un peu plus concentrée et plus méthodique. Quand le bourgeois de Strasbourg lui demanda ce qu’il était en train de faire, il expliqua posément qu’il taillait une pierre pour construire un mur. L’argent lui permettrait de s’acheter une boutique.

Quelques mètres plus loin, un troisième tailleur de pierre travaillait consciencieusement sa matière première avec un respect quasi religieux. Il avait exactement les mêmes outils et la même technique, mais une intense concentration, beaucoup plus que les deux autres tailleurs de pierre. Ce qui le rendait différent, c’est la délicatesse avec laquelle il taillait sa pierre comme s’il s’agissait d’un diamant. Et quand le bourgeois demanda ce qu’il était en train de faire, il répondit dans un large sourire : « Je suis en train de construire une cathédrale. »

S’avançant encore de quelques pas, notre passant, de plus en plus intéressé s’approcha du maître d’œuvre qui lissait une pierre de sa main et le questionna sur ce qu’il était en train de faire. Celui-ci lui répondit, le regard plein de lumière : « Je construis une œuvre qui mettra l’homme plus près de Dieu! ».

Anonyme

 

Nous sommes responsables du sens que nous donnons à nos actions.

Plus nous donnons à ce que l’on fait un but élevé, plus notre action a du sens. Plus on a envie de solliciter la chance. Plus elle vient poser son doigt de fée sur nos projets et réalisations. Comme dans le conte des bâtisseurs de cathédrales, nous sommes responsables du sens que nous accordons à nos actions. À quoi les raccrochons-nous? À un but plus grand que le nôtre? Plus elles ont d’ampleur, plus elles sont vibrantes, plus elles nous font nous sentir vivants. Élargir son champ de vision permet non seulement de donner plus de sens, mais aussi plus de cœur à l’ouvrage ; ce qui participe au bien-être que nous recherchons tous dans notre travail quotidien.

 

Ce qui est valable à l’échelle des êtres humains vaut aussi à l’échelle des entreprises.

  • En 1997, Steve Jobs sort la campagne publicitaire « Think different » pour Apple. Avec les photos de Picasso, Gandhi, Einstein, Hitchcock et d’autres personnages de génie, le texte dit : « À tous les fous. Aux marginaux. Aux rebelles aux fauteurs de troubles (..) À ceux qui voient les choses différemment (…) Nous fabriquons des outils pour ce type de gens. Là où certains voient des fous, nous voyons des génies, parce que les gens qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde sont ceux qui le font. Pensez différemment ».

 

 

Et voilà comment Apple envoie le message à ses salariés : « Vous ne faites pas que vendre de simples ordinateurs, vous contribuez à changer le monde. » À l’identique pour ses clients : « Vous n’achetez pas un simple ordinateur, vous contribuez à changer le monde. » On ne peut pas dire que, d’un point de vue de la réussite sociale, Steve Jobs ne soit pas parvenu à attirer la chance avec toutes les péripéties de sa vie. Quand, jeune créateur avec son copain Woz (Steve Wozniak), doté d’un esprit résolument précurseur, ils se voient refuser leur invention « trop en avance » par Hewlett-Packard, ils vont poser les bases de leur entreprise avec la conviction d’être sur la bonne voie.

C’est notre contribution au monde qui confère un sens à ce que nous entreprenons. Il est temps d’appliquer la méthode des bâtisseurs de cathédrales comme savait le faire Steve Jobs.

 

Après le burn-out et le bore-out, le brown-out!

Quand le trop célèbre « burnout » se caractérise par un état de fatigue intense et de grande détresse causé par le stress au travail.

Le « bore out » est caractérisé par le désintérêt ou l’ennui dans le travail. C’est donc l’opposé du syndrome de burn-out bien que les conséquences puissent être semblables.

Voici maintenant le p’tit nouveau pour caractériser le nouveau type de souffrance au travail :

Le « brownout » se caractérise par une diminution soudaine de motivation, d’engagement au travail, un manque d’envie de s’investir dans notre boulot. En anglais, brown out, est une coupure d’électricité, une chute de tension, une panne de courant.

 

C’est quoi au juste le brown-out ?

Dans son livre Le brown-out : quand le travail n’a plus aucun sens – le docteur François Baumann donne une définition de ce nouveau phénomène : « directement issu du burn-out – qui correspond à l’épuisement professionnel – le brown-out se traduit littéralement par une baisse de courant ». Cette chute de tension « exprime la douleur et le malaise ressentis suite à la perte de sens de ses objectifs de travail et à l’incompréhension complète de son rôle dans la structure de l’entreprise ».

En 2013, l’anthropologue américain David Graeber dénonçait déjà le brown-out (sans le nommer) dans une tribune intitulée Du phénomène des jobs à la con. Il expliquait qu’avec l’essor des nouvelles technologies, les métiers sans intérêt allaient se multiplier. « Au lieu de réduire les heures de travail pour que les gens aient plus de temps libre, on a préféré inventer des métiers qui ne servent à rien », assurait-il à l’époque. Inévitablement, le salarié déprimé par l’absurdité des tâches qu’il a à accomplir finit par se désintéresser de son travail avant de craquer et de tomber, parfois, en dépression.

Si vous travaillez de plus en plus mais sans aucun intérêt, si vous avez le sentiment d’être inutile dans votre job, si vous ne savez plus vraiment quelle direction est en train de prendre votre carrière, si vous traînez les pieds pour aller aux réunions, si vous trouvez de plus en plus facilement des excuses pour ne pas aller au travail, si vous êtes fatigué ou même si vous perdez votre sens de l’humour, vous êtes probablement victime de brown-out.

 

Et maintenant, on fait quoi?!

Reprenez depuis le début, qu’est-ce que vous aimiez faire quand vous étiez petit? Quels sont vos talents? Vos facilités? À quoi ressemble une bonne journée de travail? Qu’est-ce qui fait que la journée est réussie pour vous?

Reprendre des études, suivre une formation, participer à un atelier peuvent vous remettre sur la bonne voie si celle-ci vient combler une partie plaisir en vous.

Réaliser que l’on est perdu dans un état de burn-out, bore-out ou brown-out c’est déjà agir pour aller vers quelque chose de mieux.

Vous êtes à la bonne place.

 

 

 

Sources :

Avoir de la chance, ça s’apprend ! de Christine Sarah Cartensen

Article de Victor Dhollande-Monnier, Europe 1

 

 

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