Lâcher prise sur le perfectionnisme

Petit traité contre le perfectionnisme ou comment déconstruire quelques-uns des mythes au sujet du perfectionnisme. Vous savez ce défaut déguisé en soi-disant qualité que l’on a tous sorti au moins une fois en entretien d’embauche à la question : citez-moi l’un de vos défauts?

Alors voici tout ce que n’est pas le perfectionnisme et comment il affecte nos vies!

Ce que n’est pas le perfectionnisme

  • Le perfectionnisme n’est pas synonyme de faire de son mieux. Ce n’est pas la même chose que la réussite saine et l’épanouissement. Le perfectionnisme est la croyance que si on a une vie parfaite, une apparence parfaite et un comportement parfait, on peut minimiser ou éviter la douleur des reproches, du jugement et de la honte. Le perfectionnement est un bouclier. Mais c’est un bouclier de vingt tonnes que nous traînons en pensant qu’il va nous protéger alors que, en fait, il est ce qui nous empêche de prendre notre envol.
  • Le perfectionnisme n’est pas l’amélioration de soi. Essentiellement, le perfectionnisme consiste à essayer d’obtenir l’approbation et l’acceptation. La plupart des perfectionnistes ont grandi en étant félicités pour leurs accomplissements et leurs performances (notes scolaires, bonnes manières, respect des règles, plaire aux gens, apparence physique, sports). Quelque part en chemin, on arrive à adopter ce système de croyances dangereux et débilitant : je suis ce que j’accomplis et dans quelle mesure je l’accomplis bien. Plais. Accomplis. Perfectionne. L’effort, quad il est sain, est axé sur soi : comment puis-je m’améliorer? Le perfectionnisme est axé sur les autres : Que penseront ils?

 

Faire la différence

Comprendre la différence entre l’effort sain et le perfectionnement est essentiel pour reprendre sa vie en main et déposer le bouclier de vingt tonnes. Les recherches nous montrent que le perfectionnisme entrave la réussite. Il est souvent, à vrai dire, le chemin de la dépression, de l’anxiété, de la dépendance et du blocage existentiel. Le terme blocage existentiel fait référence à toutes les occasions qu’on rate parce qu’on a trop peur d’exposer quelque chose qui pourrait être imparfait. Il fait référence à tous les rêves auxquels on renonce à cause de la peur profonde de l’échec, de faire des erreurs et de décevoir les autres. Lorsqu’on est perfectionniste, prendre un risque est terrifiant, car notre valeur personnelle est menacée.

 

Ce qu’est le perfectionnisme

  • Le perfectionnisme incarne un système de croyances autodestructeur et addictif qui nourrit cette réflexion première : si j’ai une apparence parfaite, que je vis parfaitement et que je fais tout parfaitement, je peux éviter ou du moins minimiser les sentiments douloureux de la honte, du jugement et du blâme.
  • Le perfectionnisme est autodestructeur pour la simple et bonne raison que la perfection n’existe pas. La perfection est un but inatteignable. De surcroît, le perfectionnisme est plus une question de perception : on veut être perçu comme étant parfait, encore une fois, cela est inatteignable. Il n’existe aucun moyen de contrôler la perception des autres, quels que soient le temps et l’énergie que nous investissons à y parvenir.
  • Le perfectionnisme est addictif pour la raison suivante : quand on fait invariablement l’expérience de la honte, du jugement ou du blâme, on croit souvent que c’est parce qu’on n’a pas été suffisamment parfait. On devient alors encore plus entêté dans l’idée fixe de la perfection dans notre vie, dans notre apparence et dans nos accomplissements, au lieu de remettre en question la fausse logique du perfectionnisme.
  • Se sentir honteux, jugé, blâmé (et la peur de se sentir ainsi) est une simple réalité de l’expérience humaine. Le perfectionnisme augmente les probabilités de vivre ces émotions pénibles et aboutit souvent à s’auto-blâmer : « c’est ma faute, je me sens comme ça parce que je ne suis pas à la hauteur« .

 

Perfectionniste ou pas?

Nous avons tous des tendances à être perfectionnistes. Pour certains, le perfectionnisme n’émerge qu’en situation de grande vulnérabilité. Pour d’autres, il est compulsif, chronique, débilitant, semblable à la dépendance.

Pour vaincre le perfectionnisme, deux étapes sont critiques : explorer ses peurs et changer nos dialogues intérieurs. Sans oublier la méthode du fais semblant d’être capable jusqu’à ce que tu le sois ou comment pratiquer l’imperfection.

Alors, on change de camp ?

 

Source :

La grâce de l’imperfection, Brené Brown

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