Le Petit Prince

La lecture du Petit Prince de Saint-Exupéry offre de nombreuses métaphores à ceux qui aiment lire entres les lignes… Deux d’entre elles ont particulièrement retenue mon attention. Morceaux choisis…

LE BUSINESSMAN

L’agitation dont nous faisons montre la plupart du temps évoque irrésistiblement le businessman que le Petit Prince rencontre sur sa quatrième planète. L’homme est absorbé dans ses colonnes de chiffres. Des additions. « Je suis sérieux, moi je suis sérieux », répète-t-il au Petit Prince quand celui-ci essaye de lui parler. « Je n’ai pas le temps de flâner. Je suis sérieux, moi. Je n’ai pas le temps de rêvasser », le rabroue-t-il quand le Petit Prince insiste.

Le businessman additionne le nombre d’étoiles dans le ciel afin de les posséder et d’être riche. Et une fois qu’il les possède, il les compte et recompte, et enferme à clé, dans un tiroir, ses papiers de comptes. Il n’a jamais admiré une étoile, ni respiré une fleur, ni aimé personne. Il ne s’est jamais laissé distraire de ses comptes. Il répète « Je suis un homme sérieux ! » et ça le fait gonfler d’orgueil, dit le Petit Prince. Mais ce n’est pas un homme, c’est un champignon. »

Selon notre compréhension du mot « agir », le businessman est en pleine action, le Petit Prince est un paresseux. Tout comme le manager qui court de réunions inutiles en rendez-vous et se targue d’être très actif.

Le reflet qui nous est renvoyé ici est l’image de notre société où nous redevenons des cerveaux qui complètent des dossiers et des colonnes de chiffres, des businessmen comme celui qu’a rencontré le Petit Prince sur la quatrième planète. Or, si ce personnage du businessman est présent et pas seulement conscient, s’il sort de sa tour de contrôle de soi qui vérifie tout en permanence et qui est à distance de tout, s’il laisse s’exprimer ses sensations, son instinct, son ressenti, le businessman, redevenu humain, sera d’autant plus précis et accomplira d’autant mieux ses tâches qu’il sera dans l’ouverture, attentif et présent à la réalité, apte à prendre de la hauteur pour l’appréhender dans sa globalité.

 

LA ROSE

Ému par la fragilité de la rose, craignant qu’elle s’enrhume ou qu’elle soit agressée, le Petit Prince la mettait à l’abri sous un globe après l’avoir arrosée. Elle-même, ainsi protégée, le torturait par ses caprices toujours renouvelés. Jusqu’au jour de son départ quand la rose, le cœur enfin à nu, admet qu’elle a été sotte : « Il faut bien, lui dit-elle, que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. Il paraît que c’est tellement beau. Sinon qui me rendra visite ? Tu seras loin, toi. Quant aux grosses bêtes, je ne crains rien. J’ai mes griffes… ».

Accepter ses faiblesses ne signifie pas s’écrouler à tout moment en pleurs, ni abandonner ses griffes et se retrouver démuni quand approchent les « grosses bêtes ». S’autoriser à être sensible n’implique pas de se laisser submerger par toutes les souffrances du monde, mais se donner l’autorisation d’être secoué, ému, épouvanté, en colère contre l’injustice, le malheur et le mal. Être vulnérable n’est pas une faute : c’est une formidable capacité d’être touché.

 

Et vous, quel personnage de l’histoire vous a particulièrement touché ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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