Cheveux, de mère en fille

Les cheveux. Ils transmettent un héritage génétique mais aussi des histoires de famille, une conception de la féminité, des souvenirs d’enfance… Un nœud d’amour parfois difficile à démêler. Analyse et témoignages.

 

« Mets du baume sur tes pointes, elles sont sèches. » Gossip Girl

« C’est bien cette nouvelle couleur! …C’est ma couleur naturelle maman! » Les gazelles

« C’est quoi cette frange! » What’s your number

C’est également un sujet dont on parle souvent à la maison… « C’est bien ta nouvelle frange, un peu épaisse peut-être ?! », « Tu fais des masques à tes cheveux? Ils sont tellement abimés », « Tu devrais arrêter le fer à lisser, tes cheveux sont tellement secs, tu avais tellement de beaux cheveux ! », « Viens ici que je te mette de l’huile sur les pointes, ça va leur faire du bien!»

Et c’est vrai qu’à chaque fois, maman a raison. Et ma sœur, véritable pro du brushing me partage alors, ses astuces et les derniers soins malins à la mode. Et j’adore ça!

J’ai remarqué récemment dans les films les allusions des mamans envers leurs filles, et leur choix capillaire. Alors j’ai eu envie de creuser : quelle est la symbolique des cheveux au cœur de la relation mère-fille ?!

Et voici ce que j’ai trouvé dans un article du Marie-Claire en date de Mai dernier…

 

Apprentissage de la coquetterie, surveillance, castration

Les récits de cheveux coupés, de séances de coiffure, de compliments ou de reproches ont souvent la qualité de petits mythes fondateurs. Ils ramènent l’être à sa part enfantine et innocente, confrontée à des décisions du ciel. De fil en aiguille, ils contiennent l’histoire d’une famille, une certaine conception de la féminité, les cicatrices de l’enfance, la nostalgie parfois et les leçons à en tirer quand on devient mère à son tour.

 

La norme et le rang social

Il s’agit d’abord de domestication. Car la chevelure, c’est notre part animale, une touffe de préhistoire et de vie sauvage qui nous pousse sur la tête en continu.

Une coiffeuse m’a dit que les cheveux étaient le reflet de la personnalité de la personne. Elle me l’a dit juste après lui avoir confié que je n’arrivais à rien avec mes cheveux, que j’avais l’impression qu’ils vivaient leur propre vie…

La mère joue le rôle de dompteuse du fauve, armée de ses jolis petits nœuds en soie. A elle de transmettre les règles en vigueur dans son cercle social, en fonction de l’âge et du rang : le cheveu tout simple ou enjolivé, le cheveu long pour ne pas faire garçon, le cheveu court parce que c’est plus pratique.

Transmettre la féminité peut être un plaisir, pour d’autres un labeur, voire carrément la poisse. Tu n’es pas au bout de tes peines, ma fille… Beaucoup se contentent de dire : « Va te coiffer ! » et la petite fille doit comprendre toute seule ce que cela signifie. En l’absence de toute autre directive, cela signifie souvent imiter maman.

Chaque génération fomente ses rébellions capillaires. La coupe garçonne des années 20, le long négligé du flower power, la crête des punks, la tête rasée… Ne pas se coiffer comme maman est un impératif puissant. Il s’est relâché depuis les années 70, avec ces mères qui se coiffent comme des petites filles. Ayant rompu avec le rituel maquillage-coiffage de leurs mères bourgeoises, elles jurent ne pas ennuyer leurs filles avec ces tocades. Mais chassez l’interdit… « Je la laisse se coiffer comme elle veut » : joli mensonge à soi-même, car il y a toujours ce fameux : « Ah non, ça ce n’est vraiment pas possible ! » qui surgit dans chaque famille sous un aspect différent.

Raie au milieu, cheveux en bataille, chignon plouc, mèches de pétasse ou serre-tête : le tabou exprime des peurs de rabaissement social, de mauvais goût ou, pire, de retrouver en sa fille ce que l’on n’aime pas chez soi. « Va te coiffer !» signifie aussi cela : qu’on n’est pas tout à fait assez belle comme on est, pas tout à fait l’enfant parfaite.

 

Un face à face féminin

Mais entre mère et fille vient un moment où la critique s’inverse. A L’Atelier Blanc, le coiffeur Frédéric Mennetrier l’observe de près : « Le regard de la fille sur la mère est encore plus enfermant que celui d’une mère sur sa fille. Dans l’autre sens, cela paraît naturel, de ne pas vouloir que les enfants grandissent, qu’ils se coupent les cheveux ou se les teignent en vert. Mais quand une cliente décide d’accepter ses cheveux blancs, ou arrête d’être blonde pour retrouver sa vraie couleur, il n’est pas rare qu’elle revienne en disant : “Mes enfants ne peuvent pas.”

 

Demander à sa fille de ne pas grandir, à sa mère de ne pas vieillir : bien malin qui pourrait y démêler la part de tendresse et celle de cruauté.

 

Et les pères ?

En apparence, ils interviennent peu dans ce face-à-face féminin. Là encore, Frédéric Mennetrier tempère : « Tant que vous restez dans la norme, ils ne disent rien. Mais essayez de vous en écarter, et vous verrez ! »

 

Pour leurs épouses et leurs filles, les hommes semblent préférer les cheveux bien coiffés, les coupes courtes, une nuque dégagée, autant de signes d’une féminité sous contrôle.

Frange 1

 

Quant à moi, masque à l’huile de coco et d’argan + rinçage des cheveux à l’eau de cuisson de riz, maman avait raison et les conseils capillaires de ma sœur ont porté leur fruit. Mes cheveux sont doux et à jamais indomptables 🙂 !

Wild

 

M.

 

 

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