La tasse était cassée…

« Aller mieux ne devrait pas correspondre à un état d’esprit positif constant où la tristesse et la colère n’ont pas leur place. Ces émotions font partie de la vie et sont des messages importants que nous devons écouter. De cette quête sans repères internes ni externes résulte une grande confusion, une stagnation. La personne déjà épuisée qui tente de trouver seule des solutions en vient à se sentir parfaitement impuissante. En découle une baisse de l’estime de soi et une perte d’espoir. »

Méditer sans complexe, Dr Sophie Maffolini

J’ai eu la chance de rencontrer Sophie Maffolini, l’auteure de ces mots. Lors de cette fameuse Retraite Rembobine de décembre 2019, parmi les quelques livres déposés là, à notre disposition, celui-ci m’a attiré et je ne l’ai plus lâché!

C’est ce qui m’est arrivé. C’est simple aujourd’hui, c’est limpide et facile à expliquer. Des stratégies pour avancer contre vents et marées, j’en connais plein ! Quelques exemples ?

  • en avril 2016 j’ai lu le livre de Had Erold, Miracle Morning, et j’ai commencé à me lever tous les matins (sans exception) à cinq heures. J’enfilais mes baskets, allais courir au parc une demi-heure, puis je méditais, écrivais dans mon journal ou encore dessinais, lisais un article inspirant. Puis douche, déjeuner, s’habiller, j’étais prête à attaquer ma journée ! J’ai tenu ce rythme pendant un an…
  • à cette même époque, j’ai commencé ma formation de coaching en PNL. D’abord poussée par la curiosité, c’est rapidement devenu une passion. Belle découverte pour moi qui ouvrais la porte avec l’intention de découvrir le « blocage que j’avais dans la tête » responsable de mon infertilité, d’après les médecins. Ironie du sort, j’ai terminé deux années plus tard, diplômée d’un double cursus (tant qu’à y être!) et sans la moindre rondeur au ventre…
  • il y a aussi mon blog pour lequel je publiais tous les mardis, là encore, sans exception, avec une discipline acharnée. J’ai tenu le rythme durant 3 ans…

Pause. J’ai adoré faire tout cela ! Je ne regrette rien, je referais la même chose à une différence près… Je commencerais par vider ma tasse, AVANT de la remplir autant et autant. Vous vous souvenez du passage de Alice aux pays des merveilles où le lapin ajoute du sucre jusqu’à recouvrir la tasse de thé ? Jolie métaphore !

La suite vous la connaissez… je vous la fais en accéléré :


Phase 1, IMPLOSION.

…avec le non moins célèbre burn-out / dépression sévère / perte de repères / anti-dépresseurs / arrêt maladie prolongée…

Le souffle est venu lorsque ma psychologue m’a poussée, après plus de quatre mois de rencontres hebdomadaires, à extérioriser, enfin, toute la colère que je ressentais contre cette injustice : ne pas réussir à faire un enfant. Une colère si intense, si profonde, si étouffée depuis dix ans. Et sur laquelle je mettais du sucre en continu depuis toutes ces années, telle une gentille Alice…


Phase 2, EXPLOSION !

J’ai quitté mon conjoint, nos projets, mon appart, Montréal, mon travail. Du jour au lendemain.


Aujourd’hui, phase 3…

Je dirai… REPARATION. C’est bien la phase 3! C’est la plus délicate, la plus sensible, la plus douce aussi. La tasse étant désormais vide, je répare les fissures. Celles de mon cœur, celles de mon corps, et de mon esprit aussi. Je colmate les fissures avec du beau, de la joie, de la fierté, du doré. A la manière de l’art japonais, le wabi-sabi. Aussi appelé kintsukuroi, l’art du kintsugi consiste à aimer et assumer les imperfections d’un objet cassé… L’or est majoritairement utilisé pour sublimer les cicatrices des objets brisés.

Je sais que la prochaine étape sera difficile, car importante pour tout ce qu’elle représente. Il y a la procédure de divorce, il y a la décision quant à cet embryon en attente à la clinique, il y a… de la tristesse de tous ces deuils, ces fins à accepter. Je n’ai pas encore le mot pour parler de ce qui s’en va. Je le connaitrai lorsque je pourrai me retourner sur mon propre chemin.

La différence pour moi aujourd’hui, c’est que j’ose demander de l’aide. Appelez mes parents, ma sœur, mon amie parce que cette nouvelle vague me fait boire la tasse (maintenant qu’elle est vide, je ne peux plus ignorer les vagues qui grondent dans mon café !). J’ai fait appel à mon amie avec qui j’ai fait le parcours de coaching, elle m’a permis de reconnaitre que, non je ne suis pas perdue, et que oui, j’ai une immense tristesse à accepter. Et j’ai repris mes rendez-vous avec ma psy, pour qu’elle m’accompagne dans cette nouvelle phase. Et qu’elle me montre encore, comment bien vider ma tasse pour mieux la remplir, après seulement!

Les jolies fissures…

Un mot encore avant de clore cet article. Une jolie histoire qui m’a aidé à apprécier mes fissures. Parce que sans elles, pas de lumière.

Une vieille dame chinoise possédait deux grands pots, chacun suspendu au bout d’une perche qu’elle transportait, appuyée derrière son cou.

Un des pots était fêlé, alors que l’autre pot était en parfait état et rapportait toujours sa pleine ration d’eau. À la fin de la longue marche du ruisseau vers la maison, le pot fêlé, lui, n’était plus qu’à moitié rempli d’eau. Tout ceci se déroula quotidiennement pendant deux années complètes, alors que la vieille dame ne rapportait chez elle qu’un pot et demi d’eau. Bien sûr, le pot intact était très fier de ses accomplissements.

Mais le pauvre pot fêlé, lui, avait honte de ses propres imperfections, et se sentait triste, car il ne pouvait faire que la moitié du travail pour lequel il avait été créé.

Après deux années de ce qu’il percevait comme un échec, il s’adressa un jour à la vieille dame, alors qu’ils étaient près du ruisseau.

« J’ai honte de moi-même, parce que la fêlure sur mon côté laisse l’eau s’échapper tout le long du chemin lors du retour vers la maison. »

La vieille dame sourit :

« As-tu remarqué qu’il y a des fleurs sur ton côté du chemin et qu’il n’y en a pas de l’autre côté ? J’ai toujours su à propos de ta fêlure donc j’ai semé des graines de fleurs de ton côté du chemin et chaque jour, lors du retour à la maison, tu les arrosais. Pendant deux ans, j’ai pu ainsi cueillir de superbes fleurs pour décorer la table.

Sans toi, étant simplement tel que tu es, il n’aurait pu y avoir cette beauté pour agrémenter la nature et la maison. »

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