On a droit qu’à une erreur dans la vie

La vie est semée d’embûches?

Tant mieux!

Même si nous tombons parfois de haut, nos échecs nous apportent beaucoup, alors, pourquoi ne pas s’arrêter et analyser nos revers?

 

Enfant, nos deux genoux écorchés, étaient souvent décorés de sparadrap. Nous tombions tout le temps en jouant dehors ou en courant sur le chemin de l’école. Trébucher faisait autant partie de nos vies que les feuilles qui tombent en automne. Ce n’est que plus tard que notre tendance aux faux pas est devenue gênante.

 

Faire une pause

Trébucher et tomber ne sont pas seulement le propre de l’enfance. Ils font aussi partie de l’âge adulte, même si ce n’est pas toujours au sens propre. Trébucher, cela peut aussi signifier rater un examen, avoir le cœur brisé, parler en public sans retenir l’attention de l’auditoire ou découvrir qu’un nouveau projet ne fonctionne pas. C’est choisir une filière à la fac et se rendre compte qu’elle ne nous convient pas, ou s’inscrire à un cours de dessin et cesser d’y aller au bout de deux séances parce qu’on trouve le professeur intimidant. Cela fait tout simplement partie de la vie, et avec un peu de chance, on en tire des leçons. Car trébucher nous oblige à faire une pause et à réfléchir : pourquoi est-ce que cela n’a pas fonctionné? Il est dommage que nous ayons tendance à éviter cet instant de réflexion et que nous préférions aller de l’avant le plus vite possible. Nous n’avons pas le temps, nous avons autre chose à faire. Ou alors, nous avons honte. On préférerait se cacher sous une couverture avec une tablette de chocolat plutôt qu’évoquer son faux pas avec qui que ce soit.

Comme l’explique le psychologue néerlandais Arjan van Dam, les enfants ne sont pas contrariés lorsqu’ils trébuchent car ils ne se préoccupent pas encore de ce que les gens pensent d’eux.

Est-ce en grandissant que nous prenons conscience du regard des autres? Ou est-ce le sentiment de honte qui commence à apparaître?

« Imaginez, dit Arjan van Dam, que vous viviez tout seul sur une île déserte : seriez-vous gêné de faire un faux pas là-bas? »

 

Accepter les embûches

Dans son livre Comment affronter l’adversité : se relever après la chute, de Brené Brown, professeure et chercheuse en sciences humaines américaine, écrit que beaucoup de gens réagissent ainsi : c’est le combat ou la fuite, une réponse de notre cerveau qui remonte à la nuit des temps. La fuite, c’est se cacher sous les couvertures avec des friandises; la lutte, c’est envoyer balader ceux qui nous entourent.

Il est étouffant de penser que nous devrions tout faire sans la moindre erreur tout le temps. Peut-être cette idée est-elle encouragée par les réseaux sociaux où les gens montrent uniquement combien ils s’amusent, combien ils ont du succès. De nos jours, la valeur d’une personne semble parfois déterminée par sa réussite. Il peut être utile d’abandonner l’idée que nous sommes « achevés ». Mieux vaut penser que nous sommes « en devenir », et donc que nous avons besoin d’espace pour nous développer.

 

On a droit qu’à une erreur dans la vie

Essayez donc ça : dites-vous que vous n’avez droit qu’à une seule erreur dans la vie, vous verrez combien c’est absurde cela n’aurait pas de sens de vivre ainsi.

L’auteur et journaliste britannique Matthew Syed a une théorie sur les raisons qui poussent certaines personnes à apprendre de leurs erreurs et d’autres pas. Selon lui, la différence dépend de la manière dont nous considérons nos bévues. Les gens qui pensent pouvoir devenir plus intelligents en se montrant dévoués et persévérants ont une vision différente des erreurs que ceux ayant tendance à croire que leurs caractéristiques de base, telles que l’intelligence ou les aptitudes, sont largement immuables. « Comme les premiers estiment que le progrès est en grande partie produit par la pratique, ils considèrent l’échec comme étant un aspect inévitable de l’apprentissage, explique Matthew Syed. Ceux qui pensent que la réussite provient du talent et de l’intelligence innée risquent beaucoup plus d’être déstabilisés par leurs erreurs. Ils vont considérer l’échec comme une preuve du fait qu’ils ne possèdent pas l’aptitude nécessaire, et ne l’auront jamais : après tout on ne peut pas changer ce qui est inné. Ils vont donc être beaucoup plus intimidés par les situations dans lesquelles ils vont être jugés. L’échec est dissonant. »

 

Le pouvoir des mots

Dans une conférence TED datée de 2014, Carol Dweck professeure américaine de psychologie, parle du pouvoir des mots « pas encore ». Dans une école de Chicago, on note les devoirs avec des mentions spécifiques : « savoir acquis », « en cours d’acquisition » ou « pas encore acquis ». Pour Carol Dweck ce système de notion aide les élèves à prendre conscience du fait qu’ils se trouvent dans un processus d’apprentissage, alors qu’une mauvaise note leur laisse penser qu’ils n’ont pas réussi à atteindre quoi que ce soit. L’idée que l’échec est mauvais est néfaste car elle peut nous conduire à mener une vie trop prudente de façon à ne jamais trébucher.  » On continue, par exemple, à travailler dans une entreprise qui ne nous satisfait pas toujours, parce que c’est tranquille et sûr, alors que nous avons une multitude d’autres envies « . Selon le psychologue, nos actions ne conduisent jamais à un regret durable. Il faut parfois se montrer courageux et accepter le risque d’échouer. Comme le disait Marcel Proust, « Il n’y a pas de réussite facile, ni d’échecs définitifs ».

 

L’empathie comme antidote

C’est en tombant que les enfants comprennent comment marcher. On appelle cela la cognition incarnée, c’est-à-dire l’apprentissage par le corps. Si c’est valable pour un enfant, ça l’est pour un adulte. De même, certaines cultures stigmatisent les ratages quand d’autre vont les valoriser : outre-Atlantique, monter son entreprise, échouer et rebondir est considéré comme une preuve de courage et de créativité. C’est une expérience très appréciée des recruteurs qui saluent la résilience des candidats. Alors, au lieu de vous énerver après vous-même ou de vous sentir incapable, dites-vous simplement « pas encore ».

 

Source:

Article inspiré du Flow nº28

Qu’est-ce que vous avez choisi de regretter plus tard?

Il y a deux sortes de regrets :

  • Les regrets à courts termes, pour les actions que vous avez prises. Par exemple vous avez parlé trop vite et vous n’auriez pas dû dire ce que vous avez dit.
  • Les regrets à longs termes pour les actions que vous n’avez pas prises, pour les opportunités que vous avez manquées, par exemple ne pas avoir accepté l’opportunité de carrière qui vous a été proposé.

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S’entêter à en perdre… la tête

Connaissez-vous le conte de la princesse condamnée à enfiler le fil dans le chas de l’aiguille?

 

Voyez-vous cette femme assise sur une gigantesque bobine de fil et qui tente d’insérer ledit fil dans le chas de l’aiguille?

Quand je la regarde, j’ai la sensation qu’elle fait ça depuis toujours, qu’elle est figée dans une sorte d’espace-temps parallèle ; que le fil ne cesse de pousser, la pelote de grandir, et cette femme d’essayer d’enfiler ce fil dans ce stupide chas.

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Ce que cela dit de nous…

L’important n’est pas ce qu’on choisit mais le fait de choisir.

Roman Krznaric

 

Prendre des décisions, passer l’action et observer le résultat. Pour le philosophe australien. Roman Krznaric, c’est la meilleure façon de vivre, car la vie est trop courte pour tergiverser.

Rencontre avec l’auteur dans l’interview du magazine Flow de Septembre.

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La routine n’est pas un gros mot

 

Les habitudes sont des mécanismes très puissants. Elles suivent un schéma bien précis qu’il est possible de modifier mais pas de supprimer…

Les habitudes suivent un processus neurologique bien défini

Le cerveau est constitué comme un oignon dont les couches extérieures correspondent aux dernières acquisitions. Les scientifiques ont réussi à décrypter l’activité cérébrale lorsqu’un individu se retrouve dans une situation familière. En début d’expérience, l’activité cérébrale et amnésique est très élevée, mais diminue au fil des répétitions. Le cerveau se met en veille car les actions répétitives sont converties en automatisme : c’est ce que l’on appelle le chunking. Et, pour se mettre en veille au bon moment, le cerveau suit un schéma précis, celui de la boucle de l’habitude : signal → routine → récompense.

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